L'espion qui venait du froid - Martin Ritt (1965)

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L'espion qui venait du froid - Martin Ritt (1965)

Message par Manuel le Mer 20 Jan - 18:22




Film d'espionnage de 1965, adapté du roman de John Le Carré publié en 1963, réalisé par Martin Ritt, avec Richard Burton.

L'INTRIGUE : Leamas est un agent secret britannique des années 60, alors que le Mur de Berlin vient juste d'être édifié. Il constate que les membres de son réseau sont éliminés l'un après l'autre. Avec ses supérieurs, il monte alors une opération d'envergure : il va faire semblant d'être exclu des services secrets, devenir un marginal et un alcoolique. Cela dans le but d'attirer l'attention des espions de l'Allemagne de l'Est. Ceux-ci mordent à l'hameçon et proposent à Leamas de l'expédier derrière le Rideau de Fer pour démarrer une nouvelle vie, en échange d'infos. La mission de Leamas : faire tomber Mundt, haut fonctionnaire communiste. Coup de théâtre : Mundt se révèle un agent double au service de l'Angleterre ! Sa mission accomplie, Leamas doit retourner à l'Ouest, vivant si possible.

LE FILM : « The spy who came from cold » est aujourd'hui considéré comme la référence en matière de film d'espionnage, au point que son titre est entré dans le langage commun. Mais il faut préciser que ce ne fut pas toujours le cas. À sa sortie, il fut attaqué. En gros, on lui reprochait d'avoir trahi le roman de Le Carré. Toute la première partie (celle où Leamas se fabrique son personnage) a été raccourcie. Le choix de Richard Burton fut aussi critiqué, car il ne correspondait pas au portrait du héros dans le livre. Pourtant, les auteurs avaient fait des efforts : par exemple, en choisissant le noir et blanc, pour refléter l'ambiance particulière de le Carré. Aujourd'hui, ces polémiques sont oubliées et le film est le modèle dans le genre espionnage.

LE FROID : C'est un des plus grands malentendus de la littérature et du cinéma. Tout le monde croit que le titre fait référence au froid de l'hiver. Or, il n'en est rien ! L'expression « venir du froid » signifiait « s'infiltrer chez l'ennemi ». Et pourtant, c'est bien le froid physique qui a marqué les spectateurs. Un critique écrivit : « On a découvert que le froid était communiste ! » Le fait est que la sensation d'isolement et de froid qu'on ressent dans la deuxième partie (quand Leamas est en Allemagne de l'Est) est restée inégalée au cinéma.

LE CONTEXTE : Avec le recul, on peut penser que ce film est celui qui a le mieux résumé ce que fut la guerre froide : les communistes sont communistes sans savoir très bien pourquoi ils le sont, les agents occidentaux défendent l'Occident sans savoir très bien pourquoi. Au bout d'un moment, on ne sait plus quel est le but de ce jeu étrange et qui ne finit jamais. Le dénouement (que je ne révélerai pas) semble renvoyer tout le monde dos à dos.

LE CARRE : Difficile de savoir ce que John Le Carré pensait du film. À certaines époques, il se plaignait que son livre avait été massacré et ne comprenait pas le choix de Richard Burton. Plus récemment, j'ai vu sur Arte une émission où le même Le Carré se déclarait très satisfait du film et très fier d'avoir vu Richard Burton jouer Leamas. Un cas comparable à Simenon.
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Manuel

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