Braquo - Olivier Marchal

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Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Sam 24 Oct - 4:10

Suite à la condamnation injuste et au suicide de leur chef de groupe, trois flics de la PJ ont la tentation de franchir la ligne rouge. Faisant ainsi front à la machine administrative qui, par son inertie et son indifférence, a conduit leur ami jusqu'à la mort. Harcelés par l'IGS, ils tournent définitivement le dos aux règles établies et à leurs illusions ; ces trois flics adoptent un mode de vie hors norme régi par l'adrénaline, la prise de risque, les coups bas, l'argent, le sang et la mort... Chaque pas supplémentaire fait sur le territoire des voyous rend plus difficile le retour en arrière.



Episode 1

Tous en chœur : « C’est pompé sur The shield. »
Mais moi j’en sais rien, je n’ai pas vu The shield. Ce n’est d’ailleurs pas dans mes projets, mais qui sait…
Par contre, je tenais à voir Braquo.
Inutile de résumer l’histoire, le synopsis la raconte presque en entier, en tout cas pour ce premier épisode. C’est tout le problème des coups médiatiques : pour être certain que le public l’ingurgite, on se sent obligé de tout lui raconter à l’avance. Et tant pis pour l’effet de surprise, l’étonnement, la magie, le rêve – toutes ces choses subtiles qui font qu’on a envie d’aller voir un film, ou d’ouvrir un livre, et quoi d’autre encore qui ne se dit pas, mais qu’on a envie de réaliser (et qu’on réalise parfois).
Cela dit, de rêve, de magie, d’étonnement et d’effet de surprise nous n’aurions point eu, même sans le coup médiatique, en tout cas pour ceux d’entre vous qui connaissent déjà un peu les films de Marchal. C’est un Marchal supplémentaire, mais rien de plus, sauf que celui-ci était destiné à la télévision, et non au cinéma.
La différence ? Avec Marchal, il n’y en a précisément pas.

Le générique fait soupirer. Encore un polar de polar de polar de polar. Ras la casquette, mais, heureusement, il ne dure que 45 secondes (ben oui, on est à la télé, il faut tout concentrer). Ensuite, les séquences choc s’enchaînent sur un rythme qui fait penser à GBH ou Exploited, mais ça se calme rapidement ; on flirte soudain avec Scorpions, voire Wham pour le choix de la bande originale.

Mais oui, j’abuse. Je suis de mauvaise foi. Enfin, tout de même, Marchal se répète un peu et semble être en train d’exploiter un filon qui fonctionne (un peu comme Buren et ses bandes verticales noir et blanc), mais sans rien raconter de bien nouveau depuis la mascarade MR73. Scénario différent ? Oui, peut-être. Et encore… Ou extension de recyclage de scénario inspiré, mais c’est un point de vue tout personnel, bien sûr. Et je dis ça sans avoir vu The shield. J’ose pas imaginer si je l’avais vu…

Quelques bons plans par moment. Quelques rythmiques accrocheuses. Marchal a pigé le truc et tire dessus. Une efficacité à court terme, malgré tout, qui ne laisse aucune trace au-delà du générique de fin. On a envie de saluer les comédiens, mais on se retient, parce que ça sonne faux trop souvent. Trop joué.

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Re: Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Sam 24 Oct - 16:34

Episode 2

Il fonctionne sur le même principe que le premier, c'est à dire un rythme soutenu, des mouvements de caméra à gogo (pas mal de flous dans des scènes d'action, de poursuite...), des cuts fréquents, trop fréquents, des décors assez glauques, proches de ceux qui grouillent dans MR73 (locaux de police douteux, entrepôts désaffectés, lumières artificielles à faire se retourner Jean-Pierre Melville dans sa tombe, murs tuméfiés - visages marqués comme les murs), collection de BMW, de 4x4 et de Vans (on se demande d'où ils les sortent, qui les finance...).
Des séquences sont très prenantes, mais, comme je le dis juste au-dessus, c'est une émotion peu durable, qui meure aussi vite qu'elle est apparue, parce qu'elle repose sur l'effet de surprise et le montage. C'est une recette fréquente dans le film d'action américain (Saga Bourne, Mensonge d'Etat, Ennemi d'Etat...). On joue avec nos nerfs le temps de la projection, mais on n'en garde aucun souvenir.

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Re: Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Mar 27 Oct - 3:33

3, 4 et ensuite...

Efficace. Si on se focalise sur l'intrigue et le rythme, c'est même très efficace.
Le soucis, c'est que les épisodes sont linéaires et que beaucoup de choses y sont concentrées, donc tout va trop vite. Le format TV n'y est évidemment pas pour rien. Avec du recul, on aura du mal à distinguer les épisodes, tellement ils sont réalisés sur le même plan, le même tempo.
Il ne reste que l'intrigue à considérer, d'ailleurs, car plus aucune surprise ne survient depuis le premier épisode : mêmes décors, mêmes ambiances nocturnes, mêmes gueules, mêmes cadrages, mêmes rebondissements - la même recette appliquée en série.
Mais ça fonctionne. Ça vide vraiment la tête. De plus, tous les éléments de base du scénario se croisent de façon très organisée et rendent l'intrigue de plus en plus complexe, sous la forme d'un vaste piège qui se referme peu à peu sur les flics de Marchal. La fin promet naturellement une suite à cette série. La tension est installée. Le tout sera de la garder au chaud jusqu'à l'épisode 5. Et pour ça, étant donné que c'est de l'émotion jetable, je ne vois qu'une seule solution : acheter le DVD des quatre premiers épisodes, qui sort prochainement.

On a vu bien pire en séries TV. Je ne sais pas s'il faut espérer mieux.

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Re: Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Mar 27 Oct - 3:42



Et bonne prestation de Jean-Hugues Anglade. La série repose par ailleurs sur ses épaules.
Karole Rocher s'en sort bien aussi.
Le reste du casting peine un peu. Le drame est inscrit sur presque tous les visages à longueur de temps.
Tirez une mine d'enterrement et c'est dans la poche.

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Re: Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Lun 11 Jan - 15:27

Episodes 5 et 6

Nicolas Duvauchelle prend davantage d'importance que dans les épisodes précédents. Plus présent et percutant. Karole Rocher, de même. Anglade reste central et mène sa troupe dans cette spirale involutive inéluctable. Le scénario de Marchal entraîne ses flics dans un mécanisme noir, de plus en plus opaque, avec ou sans issue - le principe de série télévisée nous interdit pour le moment de le savoir (Marchal l'ignore peut-être lui-même à l'heure actuelle).

Ces deux épisodes (où Frédéric Schoendoerffer a pris le relais de Marchal à la réalisation) valent les quatre précédents, mais ne leur apportent rien. C'est une suite, point barre. On exploite le filon. Si l'auditoire est favorable, l'expérience se prolonge ; s'il boude, on en restera là. Et dans ce processus bizarre, la qualité filmique subit des coups durs. On use les mêmes ficelles d'un épisode à l'autre, et seul le scénario présente un intérêt. Quelques plans réussis, aussi ; quelques scènes qui posent un malaise, mais un malaise light qui rime avec le rythme toujours identique de la série : ses retournements de situations, ses temps de pause, ses excès, sa bonne poignée d'invraisemblances, aussi.

Des longueurs commencent à poindre dans l'épisode 6. Il faut remplir la bobine pour boucler le 7 et le 8 (que je vais regarder sans tarder).

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Re: Braquo - Olivier Marchal

Message par stalker le Mar 12 Jan - 14:36

Episodes 7 et 8

Pas grand-chose à dire de ces épisodes, un peu comme pour les quatre précédents. La réalisation de Schoendoerffer diffère très peu de celle de Marchal. Peut-être y a-t-il davantage de souffles ; c'est un peu moins nerveux, sauf dans les scènes qui le nécessitent vraiment. Est-ce à cause du scénario qui s'essouffle ? Grâce au réalisateur ? Difficile à dire.

Mais la machine fonctionne néanmoins. A aucun moment on est tenté de couper, ni même de faire une pause. La durée est courte, il faut dire. Et le sort des quatre flics empire. Jusqu'ici, ils s'en sortent, mais l'étau se referme sur eux à mesure que les épisodes se succèdent, ce qui donne de plus en plus souvent lieu à des invraisemblances. Deux épisodes supplémentaires de cette façon et ça deviendra incohérent, je pense. La saison suivante le dira...

Je note que depuis 4 épisodes, il n'y a plus grand-chose à dire des films en soi. Seul le scénario importe. C'est un engrenage. C'est le défaut regrettable de beaucoup de films (et de romans) qui n'ont pas de forme filmique spécifique et où tout l'intérêt repose sur l'intrigue. La caméra, la mise en scène, tout ça c'est des ustensiles pour faire une série télévisée moyenne que le public regarde ou qu'il ne regarde pas, c'est tout. C'est de la consommation de petit écran à des horaires déterminés. Un divertissement et, en coulisse, des contrats renouvelés ou non.

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